La sorciere

 

Il était une fois un petit village tout à fait comme les autres.

Il est situé tout près d’une forêt et si l’on s’y promène, par une belle journée ensoleillée, tout parait des plus tranquilles.

 

On y voit des paysans qui s’occupent de la terre, des enfants qui jouent, des grandes personnes occupées à leur travail, des grands-pères et des grands-mères assis sur des bancs devant leur maison.

 

Pourtant, il y a quelque chose qui n’est pas comme dans les autres villages… ou plutôt quelqu’un…

En effet, il y a une maison, en dehors du village. Elle est au milieu des prés, toute entourée d’arbres… Et dans cet endroit, tous les villageois savent qu’il y vit… une sorcière !

Personne ne s’approche plus de cet endroit et tous les parents mettent en garde leurs enfants pour qu’ils ne s’approchent jamais de cette propriété.

31131082-illustration-de-sorcière-de-halloween-de-vol-sur-balai

Les habitants du village entendent parfois des bruits bizarres venant de cette maison. C’est, ils en sont sûr… les ricanements de la sorcière.

Ils voient, de temps à autre, de la fumée qui s’échappe derrière les grands arbres. C’est, ils en sont sûr, la sorcière qui prépare une de ses potions maléfiques.

La nuit, ils en sont sûrs, ils la voient passer derrière leur fenêtre sur son balai.

Ou peut-elle bien aller ? Personne n’a envie de le savoir et personne dans ce village n’ose dormir la fenêtre ouverte.

 

Un jour, un enfant, nouveau dans le village, qui n’a jamais entendu parler de cette sorcière, s’approche de cet endroit.

Il trouve les arbres de cet endroit si beaux, qu’il fait le tour de la propriété.

Il découvre un portail caché par de hautes herbes… En regardant un peu plus loin, il voit, tout au fond d’un jardin, envahi par les plantes, les arbustes, une maison…

Cependant, cette maison attire sa curiosité….Elle  n’est pas du tout comme celle qu’il a l’habitude de voir….surtout la décoration…

Il y a des balais, qui ont l’air très, très vieux, contre les volets, des chaudrons qui pendent par-ci par-là aux poutres du toit….

 

Alors, là, Jonathan n’a plus qu’une envie…entrer pour savoir qui habite dans cet endroit et surtout…comprendre, ce qu’on peut faire avec autant de balais et de chaudrons…

 

Il pousse le portail…celui-ci grince comme une lourde porte de grange qui n’a pas été ouverte depuis belle lurette…

 

A ce moment, la sorcière, surprise par ce bruit, fait un saut et court à sa fenêtre.

Quelqu’un a-t ’il eut le culot de s’aventurer chez elle ?

A sa grande surprise, elle voit un enfant, qui avance tranquillement en direction de sa maison, tout en regardant autour de lui.

– Nom d’un petit bonhomme, il faut que je le fasse partir, il faut que je lui fasse peur.

Mais avant qu’elle sache quoi faire, Jonathan frappe à sa porte.

– Il y a quelqu’un ?  demande Jonathan de sa petite voix

Tout ce qu’il entend fut un drôle de rire qui ressemble au ricanement… d’une sorcière.

 

Nullement impressionné, il trouve cela juste bizarre, essaye d’ouvrir la porte et … celle-ci s’ouvre.

 

Alors là, la sorcière n’en revient pas.

– Comment oses-tu entrer chez moi ?  crie-t-elle. « Personne ne t’a dit que je suis une horrible et méchante sorcière ? »

– Ah bon, répond Jonathan, mes parents m’ont toujours dit que les sorcières n’existent pas

C’en est trop, voilà un petit bonhomme qui se permet de rentrer chez elle et qui, en plus, ne croit pas aux sorcières.

Il faut absolument qu’elle trouve le moyen de le faire partir.

 

Elle commence à faire des cris… qui ressemblent aux cris des sorcières…

– Je ne te fais pas peur ?

Et pour toute réponse Jonathan lui dit :

– Je trouve votre maison très belle !

Très belle ma maison ? Il faut qu’elle trouve autre chose pour le faire fuir. Elle lui fait ses plus horribles grimaces.

Mais pas du tout apeuré Jonathan se met à rire:

– Une grande personne qui fait des grimaces, c’est pas souvent… et il continue… Vos arbres qu’ils sont beaux, ils doivent être très vieux? Je me suis dit que c’est certainement quelqu’un de très gentil qui vit dans un endroit pareil.

 

La sorcière ne sait plus que penser. Ce petit bonhomme arrive de plus en plus à l’adoucir et elle commence même à le trouver   charmant.

 

Jonathan lui dit encore :

– Vous habitez toute seule ? Vous n’avez pas d’enfants ?

Alors là, la sorcière se met à sangloter et Jonathan ne sait plus que faire.

Il s’approche un peu plus d’elle et pose une question, comme les enfants savent si bien les poser, en toute innocence :

– Pourquoi tu pleures ?

En s’essuyant les yeux avec un gros mouchoir, et entre deux reniflements, elle murmure :

– Eh bien non, petit, je n’ai pas d’enfant. J’aurais tellement aimé être une maman, j’aime tellement les enfants….Quand je vois des parents avec leurs enfants, ça me fait trop mal au cœur, alors pour me protéger, j’ai préféré faire croire, à tout le village, que je suis une sorcière et comme cela, tout le monde a peur de moi et je ne vois plus personne.

– Je savais bien que tu n’étais pas une vraie sorcière !

– Tu as deviné mon secret et surtout tu as réussi et osé venir jusqu’ici. Je m’appelle Augustine et je ne suis qu’une simple grand-maman.

Jonathan grimpe sur les genoux d’Augustine.

Que c’est bon…ça fait si longtemps qu’elle n’a pas tenu un enfant dans ses bras .

 

Pendant un long moment, dans cette demeure, on entend qu’un grand silence, tout plein d’amour.

On dirait que cela fait même du bien à la maison, qui respire avec eux.

 

Tout à coup Jonathan s’écrie :

– Et toi, tu oses venir jusque chez moi ?

– Moi, jusque chez toi ?

Un petit sourire pointe au coin de la bouche d’Augustine… Ça aussi il y a longtemps que ça n’est pas arrivé.

– Tout le monde a peur de moi au village, et il y a si longtemps que je n’y suis pas retournée ?

– Allez viens, je voudrais tellement te montrer ma maison et mes parents.

Et avant qu’Augustine ne réagisse, il l’a prend par la main et l’emmène sur le chemin.

Elle se laisse faire.

 

Quelle surprise pour les villageois quand ils voient, celle qu’ils prennent pour une sorcière, traverser le village avec Jonathan, et en plus… en se tenant par la main.

Ils ne savent plus s’ils doivent se réfugier à l’intérieur de leurs maisons ou rester dehors.

 

Jonathan la présente à ses parents. Elle leur raconte son histoire et pourquoi jusqu’à aujourd’hui, elle préférait se faire passer pour une sorcière.

 

Depuis ce jour, tout changea autour de la demeure d’Augustine. On entend des rires, des cris de joie, derrière les grands arbres de cette maison, isolée au milieu des prés.

Augustine a ouvert sa porte et même enlevé le portail qui grinçait.

 

Les enfants ont un grand plaisir à venir jouer avec elle et on la voit de plus en plus rigoler.

Elle n’a pas eu d’enfants, mais maintenant, ce n’est pas un enfant qu’elle a, mais plusieurs.

Elle est devenue la grand-maman des enfants du village.

 

Les villageois, quant à eux, sont soulagés. Ils vivent à nouveau tranquillement, et peuvent même dormir les fenêtres ouvertes.

 

De plus ils ont appris, grâce à Jonathan, que les enfants ont le pouvoir de rendre le sourire aux grandes personnes les plus malheureuses et…et aussi à rire de leur peur…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *